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Le voyage des mousquetaires |
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Ils s'étaient surnommés eux-mêmes "les Mousquetaires" |
Au départ , comme tout le monde , ils avaient fait partie d'un corps d'armée bien constitué qui avait pensé "expédier cette guerre en 2 temps 3 mouvements" comme disait leur commandant ... |
Robert et Roger ( "un gradé" ) les rejoignirent au hasard de leurs marches et combâts . De vieilles photos jaunies les montrent toujours tous les 4 ... d'où leur surnom des "trois Mousquetaires" , qui , comme chacun le sait , étaient 4 .
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En tout cas , ils s'étaient fait une promesse : " Si on s'en tire , les gars , on ira se faire une virée à Paris , tous ensemble !" . Oui , c'est sûr , on irait ! |
Ce fut long , sanglant , désespérant , sauvage , incohérent .... la guerre , quoi ...mais ils devaient avoir une bonne étoile , parce que , finalement , ils étaient tous vivants , bien que blessés , amaigris , épuisés , terrassés ... mais vivants à la fin de la guerre . On se promit de s'écrire , de se revoir vite , mais il y avait le retour dans les familles , où l'on découvrait les gamins laissés bébés au sein des mamans , et où l'on pleurait ceux dont on n'avait même pas su la disparition . il y avait les maisons à reconstruire , les nouveaux "petits chefs" qui avaient pris la direction des affaires et des villages , les règlements de comptes , parfois sanglants à l'intérieur d'un même village , etc.... Alors , on parlait peu de sa guerre , finalement ; on hurlait encore au milieu des cauchemars , mais on essayait de reprendre la vie là où elle avait cassé ... Dure bataille , là aussi .... |
Et les journées passaient ... et on pensait encore aux 4 autres mais on n'écrivait pas : quant au téléphone , c'était chose quasi inconnue au fond de leurs villages Les mois et les années passaient. |
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Après étude attentive des cartes routières et des horaires des trains locaux et régionaux , il fut décidé de se donner rendez-vous à Bordeaux et de "monter" tous ensemble dans la capitale . Quel voyage . Et puis , il y avait les détails de l'opération . Et pas des moindres . Par exemple ? les épouses ! Trois d'entre eux étaient mariés , les deux autres vivaient seuls . Celà n'aurait pas été commode à organiser , alors le 1er principe fut posé <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< |
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Globalement , tout se passa bien . Evidemment , il fallut canaliser un peu ces messieurs , peu habitués aux voyages d'agrément . Jean exigea que l'on condense : pas besoin de se charger inutilement : un petit en-cas pour le voyage et un peu de linge suffiraient . ![]() ![]() |
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Parfait . Ils eurent leur train et tout alla bien . Enfin , presque .
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Et c'est alors que la grande idée prit son ampleur , et son envol . " Excusez-nous , Mesdames , mais nous allons le déshabiller pour que je puisse lui remettre sa vertèbre en place . Je l'ai souvent décoincé pendant la guerre , vous pouvez lui demander !" ... et aussitôt les autres commencèrent à déboutonner la chemise de Paul , gémissant de plus belle . "Chez moi on est rebouteux de père en fils . On cherche le mal , et puis , un bon coup de genou et tout se remet en place ." commentait Robert aimablement aux deux pauvrettes effarées , pendant que ses "assistants" attaquaient le pantalon de Paul . |
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Le départ des deux pauvres dames vers un compartiment voisin peu occupé fut aussi rapide que facile : on leur porta leurs valises avec plates excuses et sourires navrés et reconnaissants. Et l'on retourna dans le compartiment enfin à eux seuls |
Alors que tous pensaient à un bluff astucieux autant qu'efficace de leur ami Paul , celui-ci se tortillait quand même |
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A Paris , ils ne firent guère de folies ( ils ne restaient que 2 jours ) mais , surtout , ils se retrouvèrent . De terrasse en terrasse , du Sacré-Coeur aux Champs-Elysées , devant des bières bien fraiches , ils refirent un long bout du terrible chemin qui les avait réunis quelques années plus tôt . |
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