http://www.youtube.com/watch?v=fnCzxAT0kq4
une fois n'est pas coutume : en lisant cette page , écoutez une magnifique chanson :
la Ballata d'autunno chantée par Mina , en cliquant sur le lien ci-dessus . C'est magnifique , vous verrez .
Aujourd'hui , nous choisissons pour vous ces jolies ballades d'automne .
Baladez-vous de l'une à l'autre !
Balade , ou ballade ?
Eh bien , les deux . A l'origine , il y a la "barade" , la chanson à danser ; et puis "ballare" le verbe danser et donc la "ballade" .
Et , au Moyen-Âge qui chantait et dansait ? Le jongleur et le troubadour . En allant de ville en ville ... à pied naturellement ... des kilomètres et des kilomètres ... belle "balade "... et nouveau mot .
Croquis de cloître E.Verhaeren
En automne, dans la douceur des mois pâlis,
Quand les heures d'après-midi tissent leurs mailles,
Au vestiaire, où
les moines, en blancs surplis,
Rentrent se dévêtir pour aller aux
semailles,
Les coules restent pendre à l'abandon. Leur plis
Solennellement droits descendent des murailles,
Comme des tuyaux d'orgue
et des faisceaux de lys,
Et les derniers soleils les tachent de
médailles.
Elles luisent ainsi sous la splendeur du jour,
Le drap
pénétré d'or, d'encens et d'orgueil lourd,
Mais quand s'éteint au loin la
diurne lumière,
Mystiquement, dans les obscurités des nuits,
Elles
tombent, le long des patères de buis,
Comme un affaissement d'ardeur et de
prière.


La corbeille Cécile SAUVAGE
Choisis-moi, dans les joncs tressés de ta corbeille,
Une poire d'automne ayant un goût d'abeille,
Et dont le flanc doré,
creusé jusqu'à moitié,
Offre une voûte blanche et d'un grain régulier.
Choisis-moi le raisin qu'une poussière voile
Et qui semble un insecte
enroulé dans sa toile.
Garde-toi d'oublier le cassis desséché,
La pêche
qui balance un velours ébréché
Et cette prune bleue allongeant sous
l'ombrage
Son oeil d'âne troublé par la brume de l'âge.
Jette, si tu
m'en crois, ces ramures de buis
Et ces feuilles de chou, mais laisse sur tes
fruits
S'entre-croiser la mauve et les pieds d'alouette
Qu'un liseron
retient dans son fil de clochettes
C'est par votre énergie que vous redonnez l'espoir aux autres sur la PageTendresse .
Un mail de 2 ou 3 lignes , ce n'est pas trop vous demander ? Merci !
Baladez-vous
grâce à l'INDEX !
Un hymne harmonieux sort des feuilles du tremble ;
Les voyageurs craintifs,
qui vont la nuit ensemble,
Haussent la voix dans l'ombre où l'on doit se
hâter.
Laissez tout ce qui tremble
Chanter.
Les marins fatigués
sommeillent sur le gouffre.
La mer bleue où Vésuve épand ses flots de
soufre
Se tait dès qu'il s'éteint, et cesse de gémir.
Laissez tout ce qui
souffre
Dormir.
Quand la vie est mauvaise, on la rêve
meilleure.
Les yeux en pleurs au ciel se lèvent à toute heure ;
L'espoir
vers Dieu se tourne et Dieu l'entend crier.
Laissez tout ce qui
pleure
Prier.
C'est pour renaître ailleurs qu'ici-bas on succombe.
Tout ce qui tourbillonne appartient à la tombe.
Il faut dans le grand
tout tôt ou tard s'absorber.
Laissez tout ce qui tombe
Tomber . VictorHUGO

Les feuilles mortes Rémy de Gourmont
Simone, allons au bois : les feuilles sont tombées ;
Elles recouvrent la mousse, les pierres et les sentiers.
Simone,
aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
Elles ont des
couleurs si douces, des tons si graves,
Elles sont sur la terre de si frêles
épaves !
Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes
?
Elles ont l'air si dolent à l'heure du crépuscule,
Elles crient si
tendrement, quand le vent les bouscule !
Simone, aimes-tu le bruit des
pas sur les feuilles mortes ?
Quand le pied les écrase, elles pleurent
comme des âmes,
Elles font un bruit d'ailes ou de robes de femme
:
Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes
?
Viens : nous serons un jour de pauvres feuilles mortes.
Viens :
déjà la nuit tombe et le vent nous emporte.
Simone, aimes-tu le bruit des
pas sur les feuilles mortes ?
Dans le parc ... Albert SAMAIN
Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous
Les
grands arbres d'où tombe avec un bruit très doux
L'adieu des feuilles d'or
parmi la solitude,
Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,
Nous irons,
si tu veux, jusqu'au soir, à pas lents,
Bercer l'été qui meurt dans nos
coeurs indolents.
Nous marcherons parmi les muettes allées ;
Et cet amer
parfum qu'ont les herbes foulées,
Et ce silence, et ce grand charme
langoureux
Que verse en nous l'automne exquis et douloureux
Et qui sort
des jardins, des bois, des eaux, des arbres
Et des parterres nus où
grelottent les marbres,
Baignera doucement notre âme tout un jour,
Comme
un mouchoir ancien qui sent encor l'amour.
L'Automne sait faire la synthèse de toute l'année : Printemps , Eté , Hiver ... c'est pourquoi on lui a donné la couronne d'or !
L'Automne , c'est la dernière chance d'être heureux .
L'automne de la vie , c'est pareil .